Lorsque la Réforme atteint Strasbourg en 1521, deux statues féminines ornementent la façade de la cathédrale Notre-Dame depuis trois siècles déjà : à gauche, la Synagogue, défaite, les yeux bandés, la lance brisée, le rouleau de la Torah, inutile, à ses pieds ; à droite, l’Ekklesia, triomphante, brandissant croix et calice pour la cène / C’est ainsi que le Haut Moyen-Âge se représente les deux religions / Qu’en pensent Katharina Zell, Martin Bucer, Wolfgang Capito, réformateurs de Strasbourg ? / Qu’en pensent Zwingli et Oecolampade qui passent par Strasbourg pour se rendre à la disputation de Marbourg ? / Qu’en pensent Calvin, Piscator et Vermigli qui enseignent à Strasbourg ? / Pour Calvin, il n’y a qu’une alliance de Dieu avec les hommes, les alliances de l’Ancien Testament sont aussi évangéliques / Dès 1522, Zwingli dialogue avec le médecin juif Mosche, ce qui lui vaudra des reproches, alors que son successeur Bullinger déconseille aux villes d’accueillir des juifs / Capito et Bucer forment aussi une paire inégale : pour Capito, Israel est en chemin vers le Christ alors que Bucer se révèle un polémiste anti-juif très virulent / En 1543, on s’accorde à estimer que Luther dépasse vraiment les bornes : le Conseil de Strasbourg interdit son écrit sur les juifs l’année même de sa publication

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