L’idée de « toute-puissance » est très mal vue aujourd’hui, et c’est compréhensible / Elle est toutefois indissociable de la pensée réformée, mais dans un sens positif : Dieu, et lui seul, a toute-puissance, le Père, le Fils (Solus Christus) et l’Esprit / Tout être humain, toute instance prétendant à la toute-puissance, réclamant un pouvoir absolu, interdisant toute remise en question est toujours suspect pour les réformés / Non qu’il ne saurait y avoir de pouvoir. La question est plutôt celle-ci : quand une revendication de pouvoir prive-t-elle Dieu de son pouvoir, empiète-t-elle sur ses prérogatives ? / Quand la puissance dégénère-t-elle en toute-puissance, en arbitraire ? / Dans la pensée réformée, toute revendication de pouvoir – politique, religieux, social, personnel – est soumise à une critique idéologique / Les réformés pensent bottom-up, la critique du pouvoir est inscrite dans leurs gènes : elle s’exprime dans l’histoire avec la création des sociétés de bienfaisance, l’option pour les pauvres, le sacerdoce de tous les croyants, la fonction de veilleur prophétique

 

Photo: flickr/Yann Beauson