Pour Calvin, ne sont agréables à Dieu que les gens qui se livrent à un travail, parce qu’ils et elles se rendent ainsi utiles à leurs frères et sœurs / Tout est question de culte : les Réformés en connaissent deux variantes. Lors du culte dominical, Dieu sert l’homme, par sa Parole. Celle et celui qui la comprennent connaissent leur salut / Durant le service au quotidien, l’homme sert Dieu par son travail, là où son Créateur lui a donné un talent (prédestination) : le paysan au champ, la cheffe d’entreprise dans l’entreprise / Le travail ne relève pas du domaine de la performance pour gagner les bonnes grâces du Seigneur, le travail est épanouissement de nos talents, soli Deo gloria, pour la seule gloire de Dieu / Au quotidien, cette attitude a sans aucun doute un impact capitaliste : un travail effectué pour la seule gloire de Dieu est un travail bien fait / Les protestants ont donc développé minutie et auto-discipline et les fruits n’ont pas tardé : des bénéfices, réinvestis dans le travail, succès économique à la clé / Déduire de son succès économique l’élection par Dieu – ou non – d’une personne correspondrait à l’idée de la double prédestination adoptée à Dordrecht mais largement rejetée aujourd’hui, sauf par les courants évangéliques prônant une théologie de la prospérité, avec un Dieu « banquier »

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