Si tous les croyants exercent un sacerdoce, cela ne signifie pas qu’ils et elles peuvent l’exercer à leur guise : le sacerdoce universel implique – a impliqué – une surveillance universelle et une instance de contrôle / La Réforme de Zurich, contrairement celle de Genève, est réticente à élaborer sa propre discipline ecclésiastique et la confie dans une large mesure au Conseil de la ville, donc au pouvoir temporel / Calvin, lui, confie le contrôle aux anciens (doctrine des ministères) : douze hommes formant avec les pasteurs le Consistoire mis en place en 1541 dans la nouvelle Église / Le Consistoire est chargé de veiller à ce que les fidèles mènent une vie conforme aux ordonnances ecclésiastiques (habitudes de prière et de chant des psaumes, moralité de l’individu et des familles) / Il peut convoquer les paroissiens ayant commis un délit ou ne respectant pas les enseignements pour les interroger / Les fautifs encourent un blâme, les manquements les plus graves entraînant des sanctions, la plus terrible étant l’excommunication / Aujourd’hui, l’idée même semble totalement incompatible avec le respect de la liberté individuelle, mais Calvin se sent soutenu dans son intention par Mt 18,15-17 / La pratique entraîna dans certaines Églises de tradition calviniste de terribles abus (sorcières de Salem) / Les écrivains André Gide, Nathaniel Hawthorne et Maarten ’t Hart en parlent dans leurs œuvres

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