Ce que fit Jan Hus avec la cène, Huldrych Zwingli le réalisa avec la Parole : ils ont non seulement remis en cause mais carrément supprimé le monopole que l’Église s’était attribuée sur ces deux biens de salut pour l’individu et la communauté des croyants / Ce qui est destiné à tous doit être accessible sans intermédiaire, sans la médiation d’un prêtre / Cela eut des conséquences : si chaque enfant doit pouvoir accéder lui-même à la Parole, donc être capable de lire la Bible, il faut qu’il sache lire, il faut donc des écoles, des bibliothèques et des universités / La Bible fut pendant très longtemps le plus important support éducatif, pour l’apprentissage de la lecture et l’acquisition d’une formation de base / En lisant la Bible de la Genèse à l’Apocalypse, dans une lectio continua, la lectrice, le lecteur apprend à penser, à se forger sa propre opinion, à approfondir le message, aussi dans les passages difficiles ou irritants / Ainsi, les réformés – dans une critique de l’idéologie – se défendent contre toute instrumentalisation de la Bible et de son message et – dans une critique de la religion – recherchent la Parole de Dieu dans la Bible / Selon le principe réformé de finitum non capax infiniti, la Bible (finitum) n’est pas Parole de Dieu (infinitum), mais elle la révèle

Photo: flickr/Evangelisches Schuldekanat Schorndorf/Waiblingen